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vendredi 8 mars 2013

Oser entreprendre, se lancer. Y croire, tout simplement. Portfolio: 20 femmes qui osent

A l'occasion de la Journée internationale de la femme le 8 mars, Youphil.com publie la deuxième partie de son portfolio consacré à des femmes qui osent, partout dans le monde.

Qu'elles soient chefs d'entreprises sociales, cinéastes, sportives, journalistes, activistes et originaires des pays du Nord comme du Sud, ces femmes ont toutes en commun d'avoir osé, parfois à leurs risques et périls.


< REVENIR
AVANCER > 1 / 20


1.Haifaa al-Mansour


Huitième d'une famille de 12 enfants, Haifaa al-Mansour est la première Saoudienne à réaliser un film, dans son pays où les salles de cinéma n'existent pas. Elle raconte avoir dû diriger le tournage de son long-métrage Wadjda cachée dans une camionnette, tant il est mal vu qu’une femme mène une équipe d’hommes. Crédit: DR.






Nous les avons sélectionnées car elles portent des projets innovants qui tentent de réconcilier l'économie et le social, de défendre l’égalité des droits pour tous et dont l'action a un impact. Elles sont déjà reconnues dans leur secteur, mais parfois encore méconnues du grand public.

Cette liste n'est évidemment pas exhaustive, mais elle vise à mettre en avant des femmes qui ont touché la rédaction car elles brisent le plafond de verre et font avancer le monde.

> Retrouvez notre portfolio: 10 Françaises qui osent.

Source : http://www.youphil.com/fr/article/06273-portfolio-journee-internationale-femmes?ypcli=ano

jeudi 7 mars 2013

Syrie : deux ans de conflit et l'aide humanitaire dans l'impasse

L'ONG Médecins sans frontières (MSF) tire le signal d'alarme sur la situation en Syrie. Le conflit syrien qui a démarré voilà presque deux ans par une contestation politique du régime de Bachar Al-Assad et qui s'est militarisée au fil de la répression sanglante des forces de sécurité a fait au moins 70 000 morts, selon les estimations de l'ONU.
Les Nations Unies ont annoncé mercredi que le cap du million de réfugiés syriens ayant fui leur pays avait été atteint. Au moins 2,5 millions de Syriens ont également été déplacés à l'intérieur du pays.

Dans un rapport titré "Deux ans de conflit en Syrie - L'aide humanitaire dans l'impasse", MSF s'en prend à la fois au régime, qui cible les structures de santé et empêche l'envoi d'aide dans de vastes zones du pays, et à la pusillanimité des institutions internationales et des pays voisins. 

Les premières sont visées parce qu'elles fournissent des moyens insuffisants et persistent à conditionner une bonne partie de leur intervention à l'autorisation de Damas, excluant de facto la majorité de la population des zones rebelles de leur assistance, tandis que les capacités des structures d'aide en zone gouvernementale sont "saturées" et insuffisantes.

Les pays voisins sont fustigés parce qu'ils "ne sont pas prêts" à accorder aux ONG engagées dans des opérations transfrontalières "les facilités logistiques et administratives associées à une reconnaissance officielle", ralentissant leur action, alors même que lesdits pays ont reconnu la coalition nationale syrienne comme seule représentante du peuple syrien.

L'ONG lance un appel aux belligérants et à la communauté internationale : "la paralysie de la diplomatie (...) ne peut justifier l'impuissance de l'aide humanitaire. MSF demande aux parties au conflit de négocier un accord sur l'aide humanitaire pour faciliter son acheminement partout dans le pays, à partir des pays voisins ou à travers les lignes de front".

Les Nations unies ont annoncé mercredi que le cap du million de réfugiés syriens ayant fui leur pays avait été atteint. Ce chiffre ne comprenant que les réfugiés dûment enregistrés, leur nombre réel est sans doute bien supérieur. Au moins 2,5 millions de Syriens ont également été déplacés à l'intérieur du pays. Pour le Haut Commissaire aux réfugiés Antonio Guterres, "la Syrie est entrée dans la spirale d'une catastrophe absolue".

Source : http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2013/03/07/syrie-deux-ans-de-conflit-et-l-aide-humanitaire-bloquee_1843990_3218.html

jeudi 28 février 2013

RENSEIGNEMENT – Des citoyens britanniques privés de passeports puis tués par des drones américains

Une enquête menée par le Bureau d'investigation journalistique pour The Independent pose la question de l'existence d'un lien entre une loi controversée du gouvernement britannique et les attaques meurtrières de drones américains.

Un drone américain MQ-1 Predator.

Depuis 2002 le ministre de l'intérieur britannique est en mesure de retirer le passeport de n'importe quel ressortissant du pays détenteur d'une double nationalité, sur la simple base d'un acte "sérieusement préjudiciable" accompli par celui-ci

Selon ses critiques, le programme est sujet à la controverse car il permettrait au gouvernement de "se laver les mains" du sort de citoyens britanniques suspectés de terrorisme. Peu utilisée auparavant, la loi est surtout appliquée depuis l'arrivée au pouvoir de l'actuel gouvernement de coalition, relate The Independent, qui précise que depuis 2010 16 individus ont été déchus de leur citoyenneté contre 21 depuis 2002.

Les personnes visées par la loi, poursuit le quotidien, se font confisquer leur passeport britannique et sont interdits de territoire, ce qui rend encore plus complexe toute tentative de faire appel auprès du ministre de l'intérieur (qui prend la décision) et pose la question de la légalité du programme. D'autant qu'il apparaît, toujours selon l'enquête, que le gouvernement procède aux retraits de passeports quand les individus sont en dehors du territoire, en vacances parfois. Sur les 21 personnes affectées par la loi depuis 2002, seulement deux ont gagné leur appel, dont une a été extradée aux Etats-Unis depuis.


Le New York Times montre à travers cette infographie l'augmentation des attaques de drones depuis l'arrivée au pouvoir de Barack Obama.

Sur les 16 personnes qui se sont vu retirer leur nationalité depuis 2010, deux sont mortes à la suite d'attaques de drones américains. The Independent site plusieurs cas dont celui de deux ressortissants devenus ensuite la cible de drones. L'un d'eux a été visé à deux reprises et finalement tué l'année dernière en Somalie, juste après avoir appelé sa femme au Royaume-Uni "pour la féliciter de la naissance de leur premier enfant". La famille de la victime estime que les forces américaines ont pu connaître la position précise du père de famille grâce à l'appel qu'il avait passé à sa femme un peu plus tôt. Pour l'avocat de la femme de la victime, il semble y avoir une relation entre le retrait de nationalité par le Royaume-Uni et la frappe du drone américain.

"Il semblerait que le procédé de privation de citoyenneté ait facilité la tâche des Etats-Unis qui ont désigné M. Sakr comme un combattant ennemi, envers lequel le Royaume-Uni n'a aucune responsabilité", a précisé l'avocat. Une porte-parole du ministère de l'intérieur britannique a déclaré aux enquêteurs qu'elle ne commenterait pas des questions de renseignement.

L'organisation Cage Prisonner, qui est en relation avec les familles des personnes touchées par la loi de 2002 met en garde contre une loi "extrêmement dangereuse" qui renforce le sentiment de non-appartenance nationale pour des citoyens nés au Royaume-Uni mais issus de la minorité.

Source : http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2013/02/28/renseignement-des-citoyens-britanniques-prives-de-passeports-puis-tues-par-des-drones-americains/

vendredi 22 février 2013

Le Sénat doit rendre effectif l'accès des victimes de crimes internationaux à la justice française

Le 26 février prochain, le Sénat débattra d’une proposition de loi visant à retirer les quatre « verrous » qui bloquent les poursuites d’auteurs de crimes contre l’humanité, crimes de guerre et crimes de génocide devant les tribunaux français. Cette proposition du Sénateur Jean-Pierre Sueur qui tente de lever les freins mis par le Parlement en août 2010, est sous pression. Le 13 févier, la Commission des lois du Sénat a rétabli le plus puissant de ces verrous : le monopole des poursuites par le Parquet. 

Visuel de la campagne menée en 2010 par Amnesty International France

Une nouvelle fois, la France entend faire de son territoire, une terre d’impunité pour les pires criminels. Le Parlement examine en ce moment même un projet de loi tendant à mettre la France en conformité avec le Statut de Rome. Mais à cette occasion, le Sénat a décidé de restreindre encore plus les possibilités d’action contre les pires criminels.

Réserver la poursuite des crimes contre l’humanité, crimes de guerre et génocide à la compétence seule et exclusive du ministère public, et empêcher ainsi aux victimes de ces crimes de déclencher l'action publique en se constituant parties civiles, est en effet totalement dérogatoire au droit commun et à la tradition pénale française.

Le rétablissement du monopole du Parquet constituerait une atteinte grave au droit des victimes à l'accès au juge, à un recours effectif et enfin une anomalie au regard de l'engagement de la France pour la reconnaissance des droits des victimes lors des négociations pour l’établissement de la Cour pénale internationale (CPI).

La France a déjà été rappelée à ses obligations, à plusieurs reprises, par divers organes des  Nations unies qui ont estimé que le monopole du parquet constituait dans le cas présent une entrave au droit des victimes à un recours effectif. Ce fut notamment le cas, en 2005 et 2010, par le Comité contre la torture des Nations Unies, puis par le Conseil des droits de l’homme lors de l’examen périodique universel de 2008.

En août 2010, la CFCPI avait vivement regretté l’adoption de la loi du 9 août 2010 « portant adaptation du droit pénal à l’institution de la CPI », qui rendait pratiquement impossible la poursuite en France des auteurs de tels crimes internationaux La loi du 9 août 2010 portant adaptation du droit pénal à l'institution de la CPI rend en pratique impossible la poursuite judiciaire en France des auteurs de crimes internationaux en la subordonnant à quatre conditions restrictives et cumulatives:
monopole des poursuites laissé au Parquet, empêchant ainsi les victimes de mettre en mouvement l’action publique ;
exigence d’une résidence habituelle en France de la personne poursuivie;
exigence d’une double incrimination ;
exigence de ce que la CPI ait préalablement décliné sa compétence, inversant le principe de complémentarité inscrit dans le Statut de la CPI. .

Pendant sa campagne pour l’élection présidentielle, François Hollande s’était engagé à revenir sur ce texte, déclarant : « Je n’accepte pas le mécanisme juridique existant qui défend (protège) des bourreaux en France. La Loi du 9/08/2010 ne permet pas aux victimes des crimes internationaux les plus graves d’obtenir justice dans notre pays. Les possibilités de poursuites à l’encontre des auteurs présumés de ces crimes sont restreintes (…) Je veux, bien entendu, revenir sur ces restrictions » Courrier de François Hollande à l’ACAT.

Il faisait ainsi écho à une délibération du Secrétariat national du Parti socialiste qui avait dès 2010 réclamé la suppression de ce monopole du Parquet et des autres verrous alors proposés par la ministre de la justice Michèle Alliot-Marie Communiqué du Secrétariat national du PS du 7 avril 2010 : « Ce projet doit être amendé afin que soient abandonnées les mesures contraires aux principes de la Cour pénale internationale qui y figurent, telles que (…) le monopole de poursuite par le parquet »

La CFCPI rappelle que la loi adaptant le droit français au Statut de la CPI doit combler le « vide juridique » dans lequel se trouvent les victimes de génocide, crime contre l’humanité ou crime de guerre, qui n’ont pas accès à la justice dans leur propre pays, en leur permettant de saisir la justice du lieu où sont trouvés les auteurs suspectés de ces crimes. La Cour pénale internationale ne peut en effet juger qu’un très petit nombre de personnes et son Statut appelle les Etats, conformément au principe de complémentarité, à poursuivre eux-mêmes les auteurs de crimes internationaux devant leurs propres juridictions pénales.

La CFCPI ne peut se résoudre à ce que le Parlement continue de refuser l’accès des victimes des crimes les plus graves à un juge. La pratique a en effet démontré, s’agissant du crime de torture pour lequel la compétence extraterritoriale existe depuis plus de 10 ans dans la législation française, que le parquet n’ouvrait jamais d’information judiciaire de sa propre initiative.

Les organisations composant la CFCPI sont : Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture - Action Contre la Faim - Agir Ensemble pour les Droits de l'Homme - Amnesty International France - Avocats sans Frontières (France) - Barreau de Paris - Barreau des Hauts de Seine - Centre Nord Sud du Conseil de l'Europe – CIMADE - Comité d'aide aux Réfugiés - Compagnons de la Fraternité Edmond Michelet - Confédération Nationale des Avocats - DIH Mouvement de Protestation Civique - ELENA Réseau d’avocats sur le droit d’asile - Ensemble contre la Peine de Mort - Fédération Internationale de l’ACAT - Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme - Fédération nationale des déportés et internés, résistants et patriotes - Fédération Nationale des Unions de Jeunes Avocats - Fondation Terre des Homme Lausanne - France Libertés - France Terre d'Asile - Handicap International - Juristes sans Frontières - Justice et Paix France - Ligue des Droits de l'Homme et du Citoyen - Magistrats Européens pour la Démocratie et les Libertés - Médecins du Monde – MRAP - O.I.D.B.B. - Organisation Française de la Communauté Baha'ie - Reporters sans frontières – Ruptures – Sherpa - Solidarité avec les mères de la place de Mai – Survie - Syndicat des Avocats de France - Syndicat de la Magistrature - Union Chrétienne des Déportés et Internés - Union pour l'Europe Fédérale - UNSA-Education   appelle par conséquent les sénatrices et les sénateurs à revenir au texte initial de la Proposition Sueur et à retirer au Parquet le monopole des poursuites pour les crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide.


Source : http://www.amnesty.fr/AI-en-action/Violences/Justice-internationale/Actualites/La-France-encore-et-toujours-terre-d-impunite-pour-les-pires-crimes-7889

Allez plus loin :

Lire la proposition de loi du sénateur de Jean-Pierre Sueur (6 septembre 2012)
Lire l’avis de la CNCDH sur la Cour pénale internationale (23 octobre 2012)

lundi 11 février 2013

Portfolio: à la rencontre des réfugiés syriens

Camp de réfugiés

Regards durs, fatigués. "Ce jeune homme venait d’arriver dans les camps, il avait passé la frontière, escorté par des rebelles. Là, ils attendent une tente pour la nuit", décrit le photographe François Razon.

Suite sur : http://www.youphil.com/fr/article/06203-portfolio-rencontre-refugies-syrie-azzaz-zaatari?ypcli=ano

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Crédit: François Razon.

mercredi 6 février 2013

Mali : les civils menacés par toutes les parties au conflit

L'armée malienne a commis de graves violations des droits humains et du droit international humanitaire (DIH) au cours du conflit qui continue contre les groupes armés, notamment des exécutions extrajudiciaires de civils, selon les témoignages recueillis par Amnesty International lors d'une mission de dix jours au Mali.


L'armée malienne a commis de graves violations des droits humains


Un nouveau document "Mali : premier bilan de la situation des droits humains après trois semaines de combats"  tirant les conclusions de cette mission indique également que les groupes islamistes armés ont commis de graves atteintes aux droits humains et violations du DIH, notamment des homicides illégaux et le recrutement d'enfants soldats.
En outre, il est établi qu'au moins cinq civils, dont trois enfants, ont été tués dans un raid aérien dans le cadre d'une opération conjointe menée par les armées française et malienne afin de stopper l'offensive des groupes islamistes armés.

Alors que les combats se poursuivent au Mali, toutes les parties au conflit doivent veiller au respect du droit international humanitaire - en particulier au traitement humain des prisonniers et prendre toutes les précautions nécessaires pour éviter les dommages causés aux civils.

Gaëtan Mootoo, chercheur à Amnesty International sur le Mali.

Durant sa mission, la délégation d’Amnesty International a mené ses recherches dans les villes de Ségou, Sévaré, Niono, Konna et Diabaly.
Des exécutions extrajudiciaires et arrestations arbitraires

Amnesty International a recueilli des témoignages indiquant que, le 10 janvier 2013, soit la veille de l'intervention française, l'armée malienne a arrêté et exécuté de manière extrajudiciaire plus d’une vingtaine de civils, principalement dans la ville septentrionale de Sévaré.

Des témoins oculaires ont raconté qu’ils avaient vu des soldats jeter les corps de plusieurs personnes dans un puits dans le quartier Waïludé à Sévaré.

"Une fois que les corps ont été jeté au fond du puits, ils ont tiré des rafales à deux ou trois reprises", a déclaré un témoin.

Plusieurs personnes ont évoqué la façon dont les forces de sécurité maliennes ont apparemment ciblé des personnes soupçonnées d’avoir des liens avec les groupes islamistes armés - souvent sur des bases ténues, telles que les vêtements qu'ils portaient ou leur origine ethnique.

Beaucoup de gens ont réellement peur d'être arrêtés, voire pire, par les militaires. Les forces de sécurité doivent veiller à ce que les civils soient protégés de toutes représailles sur la base de l’appartenance ethnique ou de sympathie politique présumée.

Les autorités doivent ouvrir immédiatement une enquête indépendante et impartiale sur tous les cas d'exécutions extrajudiciaires par les forces armées, et suspendre tout membre du personnel de sécurité soupçonné d'implication dans des violations des droits humains.

De plus, l'armée malienne a procédé à l’arrestation arbitraire de personnes soupçonnées de liens avec les groupes islamistes armés. Amnesty International s'est entretenue avec plusieurs détenus qui ont déclaré avoir été battus ou maltraités durant leur détention.

Par ailleurs, Amnesty International a recueilli des témoignages d’homicides illégaux perpétrés par les groupes islamistes armés.

Un témoin a raconté que des membres des groupes armés islamistes avaient sommairement tué cinq soldats maliens blessés ainsi qu’un civil dans la ville de Diabaly les 14 et 15 janvier, après sa prise par des groupes islamistes armés.

Recrutement d’enfants soldats

En outre, Amnesty International détient des informations selon lesquelles des membres des groupes islamistes armés ont enrôlé de force et eu recours à des enfants soldats dans leurs rangs.

À Diabaly, plusieurs personnes ont raconté qu’elles avaient vu des enfants, certains âgés de dix ans, armés de fusils aux côtés des combattants islamistes.

À Ségou, Amnesty International a pu s'entretenir avec deux enfants soldats en détention - dont l'un présentait des signes de déficience mentale.

Le garçon était silencieux, abattu, et n'était pas en mesure de nous parler – il semblait absent » a déclaré Gaëtan Mootoo.

Le recrutement d'enfants soldats doit cesser immédiatement, et tous ceux qui se trouvent dans les rangs des groupes islamistes armés doivent être libérés.

Des frappes de l’armée malienne et française

Il existe également des indices troublants sur la mort de cinq civils - dont une mère et ses trois jeunes enfants - tués dans un raid aérien lancé dans le cadre d'une contre-offensive menée par les armées française et malienne.

La frappe s'est produite le matin du 11 janvier 2013, le premier jour de l'intervention française, dans la ville de Konna.

Des responsables français ont déclaré à Amnesty International qu'ils n'avaient pas effectué de frappe à cette heure à Konna tandis qu'un membre du gouvernement malien et un haut responsable militaire malien ont confirmé à l’organisation qu'une opération conjointe avait commencé à cibler la ville dans la matinée du 11 janvier avec la participation de l’armée française.

Il est absolument impératif que la France et le Mali ouvrent une enquête afin de déterminer qui a effectué cette attaque. Les résultats doivent être rendus publics dans leur intégralité afin que l’on puisse déterminer s'il y a eu violation du droit international.

Source : http://www.amnesty.fr/AI-en-action/Violences/Armes-et-conflits-armes/Actualites/Mali-les-civils-menaces-par-toutes-les-parties-au-conflit-7699?utm_source=splio&utm_medium=email&utm_campaign=actionaute+f%C3%A9vrier+2013


mercredi 30 janvier 2013

Dans Gao libérée, désolation et règlements de comptes

Saccages, lynchages, châtiments publics. Alors que la France appelle à la mise en place rapide d'observateurs internationaux, la CPI aura fort à faire au Mali.

Des soldats maliens à l'entrée de Gao, le 28 janvier.
Quelques jours avant l'abandon de la ville par le Mujao, le groupe armé qui contrôlait la ville depuis six mois et y faisait régner une loi islamique de fer, un de ses chefs, chargé de la sécurité, avait mis en garde Aboubacar Traoré : Gao allait être le tombeau des "mécréants". Le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest, émanation locale d'Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), allait y mener un combat décisif contre les forces françaises et maliennes. Gao serait leur tombeau, un piège mortel.


"Ils disaient que leurs hommes se préparaient au martyre avec des ceintures d'explosifs", se souvient le directeur de Radio Koima, qui a tenu tête à tous les groupes rebelles qui ont contrôlé la ville depuis avril 2012. "Et tout à coup, c'était terminé. Quand l'armée française est entrée, ils ont quitté la ville avec leurs derniers chefs. Abdulhakim est parti vers Bourem, à une sortie de Gao, alors que les forces françaises progressaient à l'autre bout de la ville. Il faut croire qu'ils ont eu peur, en fait." Certains chefs, dans une version locale de la disparition du mollah Omar en Afghanistan, se seraient enfuis sur des motos.

Quatre hommes soupçonnés de faire partie de la milice islamiste sont arrêtés par les soldats maliens, le 29 janvier à Gao.
Aboubacar Touré s'autorise un sourire. A plusieurs reprises au cours de l'année écoulée, ses locaux ont été envahis, il a été menacé, on a tiré sur lui, ses journalistes ont été maltraités ; l'un d'entre eux a été laissé pour mort après avoir été roué de coups parce qu'il appelait à manifester contre les amputations. Radio Koima avait réussi à mettre une grande partie de la jeunesse de Gao dans la rue pour protester. En vain. Puis la "radio courage" et son directeur ont dû se taire.
Depuis deux jours, Koima a repris ses émissions en appelant à la raison : "Si vous trouvez un islamiste, ne le lynchez pas, prévenez les autorités". Des combattants perdus du Mujao sont encore embusqués dans les nombreuses maisons vides de la ville. Certains peuvent tenter des actes désespérés. Mais la plupart risquent d'être mis en pièces par la population. Ils ne sont pas les seules cibles de la colère de la jeunesse. Sont également en danger leurs "complices" supposés, recherchés dans les groupes " à peau blanche", touareg ou arabes, qui n'auraient pas quitté la ville.

HOMMES ÉDENTÉS, SANGUINOLENTS

Au bord du fleuve, le matin même, trois hommes ont été découverts sous des bâches dans un entrepôt de grain. Ils ont commencé à être frappés par la foule, accourue depuis le marché voisin. L'armée malienne les a arrachés à la mort, édentés, sanguinolents. Selon les témoins du voisinage, là se trouvait un "marabout", Mohammed Ashimi, qui décidait des jugements et condamnations au sein de l'Al-Hizbah, le bras armé de la police islamique. Il appartient à la communauté arabe, désormais visée dans son ensemble.
Ses membres ont presque tous fui les jours précédant la chute de la ville. Dans le quartier du marché, où les boutiques des commerçants arabes ont été vidées, la belle maison de l'un d'entre eux, importateur de thé, a été pillée. La famille Al-Fatao s'était entassée, à temps, dans une voiture, et a pris la direction du Burkina Faso.

Un homme soupçonné d'être un islamiste, pris à partie par la foule, le 29 janvier à Gao.

Côté touareg, ce n'est pas mieux. Les combattants du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), les premiers à avoir pris la ville aux forces loyalistes en avril dernier, se sont livrés à de nombreuses exactions avant d'en être chassés par leurs anciens alliés islamistes, Mujao et Ansar Eddine. Mais le mal à la réputation des Touareg était fait. "Ces gens, ils rentrent chez toi avec leur arme, ils mangent ton dîner, ils couchent avec ta femme de force et après ils s'en vont avec ta télévision ou ta radio", résume Dadid Maiga, un des petits vendeurs du marché. Lorsque les islamistes du Mujao ont chassé le MNLA, la population avait d'abord accueilli avec soulagement l'imposition de la charia, qui promettait un retour à l'ordre. Puis sont venus les débordements de la police islamique, sous les ordres de leur chef, Aliou Touré, ancien "gargotier" (vendeur de nourriture dans la rue) et ex-vendeur de peaux de chèvres, tout en imposant, à sa manière fantasque et violente, les châtiments les plus durs, y compris les amputations, filmées par ses propres hommes.

Dans la foulée de ces violences, Touareg et Arabes paient le prix fort. Une forme d'épuration ethnique s'est mise en place à Gao. Il va falloir travailler la ville au corps pour inverser la tendance, sous la houlette des "sages" de chaque communauté, qui ont déjà appelé à la clémence.


Des soldats tchadiens patrouillent à Gao, le 29 janvier.

Pour la population qui agite des drapeaux français, maliens, tchadiens ou nigériens cousus à la hâte, l'heure n'est pas encore au pardon. Al- Tayeb, guide touristique au chômage, exprime l'ambiguïté qui touche même les plus raisonnables : "D'accord, il ne faut pas céder aux amalgames, mais il faut bien reconnaître que tous ces Arabes les ont nourris et accueillis . Je ne sais pas quand ils pourront revenir et ouvrir leurs boutiques." La communauté arabe de Gao est très active dans le commerce.


SACCAGES

En arrivant en ville, en début d'après midi, dans un C130 français, le gouverneur de la ville, le général Mamadou Adam Diallo, tente de lancer des appels au calme et à la réouverture des magasins. Des gendarmes et des policiers devraient arriver en renfort rapidement. Dans la foulée, il part visiter sa résidence, bâtiment à l'architecture coloniale, ainsi que les bâtiments de l'administration, et reste bouche bée devant les saccages.

Le maire de Gao, Sadou Touré, l'accompagne dans cette exploration des dégâts. Plusieurs de ses hôtels, dont le Bidji, qui faisait aussi boîte de nuit, ont été raclés jusqu'à l'os par les pillards. Rebelles touareg ou population, simples badauds, tout le monde s'est servi. Des montagnes de bouteilles de bière cassées témoignent de l'application des combattants du Mujao. Tout de même, le maire formule un peu d'espoir : "Ce sont des individus qui ont été le cheval de Troie , pas les collectivités (...). Nous pouvons vivre ensemble. Moi, je suis d'ethnie peul, mais je ne peux pas vivre sans mon Arabe, sans mon Touareg."


Une jeune fille malienne achète de la viande au marché de Gao, le 29 janvier.

Pour les pillages, c'est déjà trop tard. Pour les lynchages, il est encore temps d'agir. Dans les rues de Gao, il y a désormais quelques patrouilles de soldats maliens avec une poignée de Tchadiens et de Nigériens, plus quelques éléments touareg de l'armée loyaliste pour éviter le chaos. Le bain de sang redouté n'a pas eu lieu, mais ce qui arrive dans les huit quartiers peut néanmoins échapper à cette force modeste.

LYNCHAGE

La prise de Gao s'est faite selon un schéma implacable. Une colonne de l'armée française et de l'armée malienne, avec près de mille hommes et du matériel lourd, a ceinturé la ville. Les frappes aériennes se sont intensifiées, visant les bâtiments où le Mujao avait ses quartiers et son matériel militaire. Gao était entourée sur plusieurs axes, quand des avions français se sont posés, à l'aube, à l'aéroport. Des véhicules sont sortis des avions, et ont commencé à progresser en ville. Un détachement du Mujao, parti à leur rencontre, a été éliminé. L'un de ses survivants est revenu vers le centre sur une charrette pour donner l'alarme, tirant en l'air. Déjà, des jeunes armés de gourdins et d'armes blanches l'entouraient et le lynchaient.

Mercredi 30 janvier, des forces spéciales françaises ont pratiquement répliqué l'opération à Kidal, la troisième grande ville du nord du Mali, en s'établiassant à l'aéroport. Une colonne de 2 000 soldats tchadiens progresse avec les éléments du général El-Hadj Gamou, essentiellement des Touareg loyalistes, et devraient arriver rapidement à Kidal.


Un soldat français près de Tombouctou, le 28 janvier.
La suite, c'est-à-dire la poursuite des opérations sur le terrain immense du désert, avec la possibilité de voir les combattants des groupes islamistes se réorganiser, promet d'être plus délicate.

En attendant, Gao renoue avec ses habitudes. Dans la cour de Radio Koima, une petite stéréo joue de la musique, avec des lumières qui clignotent au rythme de la guitare. La police islamique qui traquait ce genre d'infractions s'est évanouie. De tous les drapeaux noirs salafistes qui flottaient sur la ville, il n'en reste plus qu'un, que personne n'a encore eu le courage d'aller arracher, au sommet de l'antenne de la radio-télévision nationale. Les autres traces du Mujao sautent aux yeux à chaque pas.

CHÂTIMENTS PUBLICS

Près de la mairie, des soldats français passent au crible les bâtiments administratifs à la recherche de pièges ou d'explosifs. Des ceintures d'explosifs ont déjà été trouvées, affirme une source militaire française. Non loin, la place de l'Indépendance, qui avait été rebaptisée "place de la Charia". C'est sous son préau qu'on exécutait, en public, les châtiments. Pratiquement chaque vendredi, les coups de fouets pour les hommes surpris à fumer, en possession de whisky en sachet ou s'étant rendus coupables d'autres broutilles. Mais aussi, pour les voleurs, amputations, parfois d'une main et d'une jambe à la fois. Al-Tayyeb est venu assister à ces séances du vendredi, comme tout le monde. "Quand on coupait la main ou le pied, ils mettaient un chèche autour de la blessure. Pendant qu'ils coupaient, les hommes criaient, criaient. Ensuite, ils les emmenaient à l'hôpital."
L'avancée des forces françaises et maliennes.

Source : http://www.lemonde.fr/international/article/2013/01/30/desolation-et-vengeance-dans-gao-liberee_1824366_3210.html

mardi 29 janvier 2013

ODORAMA – Une famille chassée du Musée d’Orsay pour cause de mauvaises odeurs

"L'argent n'a pas d'odeur, mais la pauvreté en a une", écrivait Paul Léautaud. Une famille défavorisée vient de se le voir rappeler samedi, alors qu'elle visitait le Musée d'Orsay, à Paris, rapporte Le Figaro.

Des visiteurs regardent "Le Fifre", peint en 1866 par Edouard Manet (1832-1883)

                          Des visiteurs regardent "Le Fifre", peint en 1866 par Edouard Manet (1832-1883)

Un couple et leur petit garçon d'une dizaine d'années déambulent en toute insouciance parmi toiles de maître et statues quand un gardien les prie instamment de bien vouloir quitter le musée. Incompréhension de la famille. "Des visiteurs se sont plaints" de leur odeur, s'entendent-ils répondre.

C'est un cadre bénévole du mouvement ATD (Agir tous pour la dignité), qui rapporte l'incident. Ce jeune homme avait décidé d'accompagner la famille en grande difficulté au musée, se souvenant de cette initiative de la ministre de la culture, Aurélie Filippetti, qui avait convié en décembre quatre cents bénéficiaires d'associations caritatives à des visites commentées d'expositions parisiennes, avec pour mot d'ordre : "La culture est un vecteur de lutte contre les inégalités."

Le jeune bénévole refuse tout d'abord d'obtempérer, objectant que personne ne s'est plaint et que rien dans le règlement n'interdit aux pauvres de visiter des musées, mais ils sont encerclés dans une grande salle de la section Art nouveau, parmi les moins fréquentées, par quatre agents persuasifs. La famille se retrouve donc une nouvelle fois sur le trottoir, pour une question d'hygiène. Contacté par Le Figaro, le Musée d'Orsay s'est dit peiné par cet incident et a dit regretter la "maladresse" de ses agents.

Source : http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2013/01/29/odorama-une-famille-chassee-du-musee-dorsay-pour-cause-de-mauvaises-odeurs/

samedi 26 janvier 2013

Syrie: nombre "record" de réfugiés fuyant la guerre

Les Syriens fuient par milliers leur pays en proie aux violences et, selon l'ONU, un nombre "record" de 30.000 civils se sont réfugiés lors des dernières semaines en Jordanie voisine où les familles exposées à un hiver rigoureux vivent dans des conditions très difficiles.

Les Syriens fuient par milliers leur pays en proie aux violences et, selon l'ONU, un nombre "record" de 30.000 civils se sont réfugiés lors des dernières semaines en Jordanie voisine où les familles exposées à un hiver rigoureux vivent dans des conditions très difficiles.
(c) Afp
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DAMAS (AFP) - Les Syriens fuient par milliers leur pays en proie aux violences et, selon l'ONU, un nombre "record" de 30.000 civils se sont réfugiés lors des dernières semaines en Jordanie voisine où les familles exposées à un hiver rigoureux vivent dans des conditions très difficiles.

A cinq jours d'une réunion de donateurs organisée à Koweït, le roi Abdallah II de Jordanie a lancé un appel pour "davantage d'aide" de la part de la communauté internationale pour son pays qui accueille maintenant plus de 300.000 réfugiés.

Pendant ce temps, les troupes du président Bachar al-Assad pilonnaient Homs, la "capitale de la révolution" dans le centre, pour le 6e jour consécutif, pour y écraser les derniers bastions rebelles, et régime et opposition mobilisaient leurs partisans, les premiers priant, les seconds manifestant.
Le poumon industriel de la Syrie et point névralgique sur la ligne de démarcation entre régime et rebelles --qui tiennent de larges zones dans l'Est et le Nord--, était sous les bombes, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) qui s'appuie sur un important réseau de militants et de médecins.

En outre, a rapporté le réseau de militants anti-régime de la Commission générale de la révolution syrienne (CGRS), des renforts militaires arrivaient dans la ville, quasiment entièrement reprise par l'armée, au prix d'opérations extrêmement meurtrières.
A Idleb, principale ville du nord-ouest de la Syrie, des rebelles ont pu entrer dans l'enceinte de la prison, à l'entrée ouest de la ville sous le contrôle du régime après des combats intenses selon l'OSDH. Les combats continuent mais environ 80 prisonniers ont pu s'échapper de la prison.
Face à ces violences qui ont encore fait vendredi au moins 129 morts, selon cette ONG, 6.400 nouveaux réfugiés sont arrivés ces dernières 24 heures en Jordanie, selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), portant à 30.000 le nombre de Syriens ayant fui vers le royaume depuis début janvier, un chiffre "record".

"Retour de la tuberculose"

"Les réfugiés les plus faibles se battent pour leur survie (...) il faut davantage d'aide internationale", a déclaré le roi Abdallah II, dans un discours devant le 43ème Forum économique mondial (WEF) à Davos.

La moitié des 600.000 réfugiés syriens ont moins de 18 ans et 25% ont moins de quatre ans, selon l'Unicef.

Alors que l'ONU s'attend à ce que le nombre de réfugiés atteigne 1,1 million d'ici juin, le Liban, l'Irak, la Jordanie et la Turquie tirent régulièrement la sonnette d'alarme, se disant prêts à accueillir les Syriens fuyant la guerre mais à condition d'être aidés.

Et en Syrie même, où l'on compte au moins deux millions de déplacés, l'Union des organisations syriennes de secours médicaux (UOSSM), une organisation de médecins travaillant clandestinement dans le pays, a dressé un tableau dramatique de la situation humanitaire.

Dénonçant "l'inaction" de la communauté internationale face aux exactions du régime, le secrétaire général de l'UOSSM, Anas Chaker, a affirmé que "des maladies comme la leishmaniose, la tuberculose, sont réapparues. Des enfants ne sont plus vaccinés depuis un, voire deux ans, c'est une catastrophe nationale".

Selon le docteur Chaker, "90% de l'aide donnée par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) ou la Croix Rouge internationale n'arrive pas aux régions qui en ont besoin" et où la crise des médicaments fait rage car "35 à 40 des 57 usines de médicaments en Syrie se trouvent à Alep" (nord) dévastée par plus de six mois de guérilla urbaine.

Alors que la Syrie s'enfonce toujours plus dans une guerre civile qui a fait plus de 60.000 morts selon l'ONU, les autorités se sont félicitées de l'afflux "massif" vendredi dans les mosquées pour une prière appelant au retour de la sécurité dans le pays.

Et comme chaque vendredi depuis le début de la contestation en mars 2011, des opposants au régime ont manifesté, scandant notamment "Malgré les bombardements et le siège, nous ne nous agenouillerons devant personne, sauf Dieu".

A Houla (centre), une vidéo a montré un rassemblement qui se tenait alors que des bombes tombaient à proximité, le caméraman filmant alternativement les manifestants et des colonnes de fumée qui s'échappaient de bâtiments.

Et à Saraqeb (nord-ouest), une pancarte proclamait "Non à un régime étranger, non à un régime militaire, non au terrorisme et à la peur", les militants affirmant que ces défilés s'adressaient au Front jihadiste Al-Nosra.

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com/topnews/20130125.AFP1725/syrie-nombre-record-de-refugies-fuyant-la-guerre.html

mardi 22 janvier 2013

Les ONG s'alarment de la situation humanitaire au Mali

Depuis le début de l'intervention française au Mali, vendredi 11 janvier, les organisations humanitaires guettent, non sans une certaine inquiètude, les mouvements de population affectées par les combats dans le nord du pays. Les colonnes de déplacés maliens, qui ont pris la route au cours des mois précédents pour gagner d'autres villes ou les pays limitrophes, semblent s'être taries. Fin décembre, le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) comptabilisait 225 000 déplacés à l'intérieur du pays et 144 400 réfugiés dans les camps établis en Mauritanie, en Algérie, au Niger et au Burkina Faso.

Le Mali.

En dépit des combats et des bombardements, l'OCHA n'a enregistré, entre le 11 et le 21 janvier, que 6 062 nouveaux réfugiés et 3 599 nouveaux déplacés à Mopti, Ségou et Bamako. 
Le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR), qui rend compte, pour sa part, de 7 337 nouveaux réfugiés, précise que les nouveaux arrivants au Burkina sont des femmes et des enfants touareg utilisant des transports collectifs payés l'équivalent de 50 dollars (38 euros). Les hommes sont partis à pied, souvent avec des troupeaux. Ces populations en fuite évoquent la crainte des bombardements et des combats, de l'application de la loi islamique ; et les pénuries de nourriture et de fioul. 

LE CALME AVANT LA TEMPÊTE

Cette chute drastique du nombre de réfugiés et de déplacés internes pourrait ne pas durer. Pour le HCR, ce serait plutôt le calme avant la tempête. L'organisation estime en effet "que dans le futur proche, il pourrait y avoir 300 000 déplacés supplémentaires au Mali et 400 000 réfugiés supplémentaires dans les pays voisins", a indiqué, vendredi 18 janvier, sa porte-parole, Melissa Fleming.

Un camp de réfugiés maliens, près de Bassiknou, dans le sud de la Mauritanie.
Au sein des organisations humanitaires, ce statu quo momentané soulève quelques interrogations. Les habitants restent-ils cantonnés chez eux par choix ou y sont-ils contraints ? Andrea Bussotti, chargé de communication Mali au sein de Médecins sans frontières (MSF), estime que tout peut-être envisagé à ce stade. "La population est-elle utilisée comme bouclier humain ? C'est une question de bon sens qu'on est en droit de se poser. Mais d'autres explications sont à envisager : que les populations ne sortent pas des villes du fait des combats ou de l'impossibilité de se déplacer, que des populations soient déjà en déplacement mais pas dans les radars des ONG qui ne sont pas sur place", commente-t-il. Jean-Marie Fardeau, directeur France de Human Rights Watch (HRW), précise ainsi que "certaines personnes sont sorties des villes et se mettent juste à l'abri quelques temps dans la brousse à quelques kilomètres."

RESTRICTIONS D'ACCÈS AU NORD

Du fait des restrictions placées à l'accès des ONG et des journalistes au nord du pays, au-delà de Mopti, les réponses sont difficiles à trouver"L'accès et les déplacements sont rendus difficile. Entre Bamako et Mopti, les checkpoints se sont multipliés tandis qu'au-delà de Mopti, l'accès est très difficile", indique Zlatan Milisic, directeur Mali du Programme alimentaire mondial (PAM). Les communications téléphoniques sont difficiles à établir ; les lignes ont été coupées dans plusieurs villes. 

La situation à Konna inquiète particulièrement. Cette ville-pivot au centre du pays, conquise par les groupes armés islamistes jeudi 10 janvier, a été complètement bouclée par les forces française et malienne du fait des intenses combats qu'elles y livraient. Quand ces dernières ont annoncé, vendredi 18 janvier, la reconquête de la ville, MSF a réclamé l'accès des organisations humanitaires à la ville pour permettre l'acheminement des secours. "Il est essentiel de permettre l'acheminement d'une aide médicale et humanitaire neutre et impartiale dans les zones touchées par le conflit", a alerté Malik Allaouna, directeur des opérations de MSF. Les ONG craignent en effet que les habitants de la ville, empêchés d'en sortir, ne se trouvent après plus d'une semaine de combats dans une situation d'urgence médicale, sanitaire et alimentaire alarmante. Les allégations concernant des exactions de l'armée malienne dans les villes reconquises ne font qu'amplifier les craintes.

DES ACTIVITÉS RÉDUITES

Les ONG déjà présentes dans le nord du Mali avant l'intervention française ont pu poursuivre leurs activités, mais de façon plus limitée du fait de la dégradation des conditions sécuritaires. "A Douentza [une ville dans la région de Mopti], nos équipes sont bunkérisées", indique Andrea Bussotti de MSF. Les activités des neuf cliniques mobiles ont été arrêtées, tandis que le personnel local continue à travailler tant bien que mal à Diabali, Mopti et Tombouctou. Par crainte des enlèvements, la plupart des organisations ont composé la majeure partie de leurs équipes de travailleurs locaux ou travaillent en coordination avec des partenaires locaux.


Une Malienne et son enfant à Diabali, le 21 janvier 2013.

Le PAM a dû suspendre ses activités dans le Nord du fait de la détérioration des conditions sécuritaires. "Les camions sont chargés et prêts à partir quand les conditions de sécurité seront assurées", a indiqué une porte-parole du PAM, Elisabeth Byrs. Une distribution de nourriture pour 1 500 déplacés à Mopti a notamment dû être reportée en raison de la diminution de la présence humanitaire dans cette ville du centre du Mali. "Si nous ne sommes pas capables de reprendre nos activités bientôt, les populations vont commencer à être nerveuses et à reprendre la route", indique Zlatan Milisic, du PAM.

UNE SITUATION HUMANITAIRE DÉJÀ CRITIQUE

Les organisations humanitaires craignent une détérioration rapide de la situation. "La situation n'est pas encore alarmante. Mais, nous ne sommes qu'au début de ce que nous voyons comme une nouvelle situation", indique Zlatan Milisic du PAM. "Des problèmes de pénurie d'eau, d'électricité et de médicaments notamment pourraient vite se poser", indique Michel Olivier Lacharité, chercheur Afrique du Nord pour Amnesty International. L'organisation Action contre la faim (ACF), qui a pu reprendre cette semaine ses activités à Gao, alerte quant à elle sur les pénuries alimentaires.

"Avec la fermeture de la frontière algérienne et les combats sur l'axe Bamako-Gao, les commerçants et transporteurs auront sans doute de plus grandes difficultés à passer", alors que "la ville de Gao est le plus souvent approvisionnée en nourriture à partir de l'Algérie" voisine, explique l'ACF. Le PAM a également constaté une réduction des transports commerciaux depuis le Niger, bien que la frontière ne soit pas fermée. Seul le trafic fluvial sur le fleuve Niger semble être assuré jusqu'à Mopti, indique Zlatan Milisic. Autre inquiètude soulevée par ACF : "un manque de disponibilité d'argent liquide" du fait de "la fermeture de toutes les banques depuis plusieurs mois à Gao".


Un enfant malien attend à un point de contrôle militaire à Niono, au Mali, le 21 janvier 2013.

Les inquiétudes sont d'autant plus grandes que l'année 2012 a été marquée par une crise humanitaire aiguë, résultant de la sécheresse qui a sévi au Mali. Le PAM a dû venir en aide, au cours des huit derniers mois, à plus de 1,2 million de personnes affectées par les conséquences de la sécheresse.

"L'année dernière, un tiers des habitants du Nord avait besoin d'assistance humanitaire. Si la situation s'est grandement améliorée dans le sud du pays à la fin de l'année, elle reste plutôt inquiétante dans le nord, et ce d'autant plus avec les problèmes de communications entre le nord et le sud et la réduction des capacités des autorités maliennes", indique Zlatan Milisic (PAM).

AUGMENTER LE FINANCEMENT

La question du financement de l'aide humanitaire au Mali commence à inquiéter les organisations. "L'année dernière, la réponse des donateurs a été bonne pour répondre à la sécheresse. Mais elle a été réduite une fois que le problème a été moins aigu. Nous avons les budgets pour maintenir nos activités jusqu'en mars. Nous avons besoin de financements pour maintenir nos activités au-delà", alerte Zlatan Milisic.

En réponse à ces inquiétudes, l'Union européenne (UE) a indiqué, le 18 janvier, qu'elle pourrait "rapidement mobiliser une enveloppe d'environ 250 millions d'euros" dans des programmes de développementL'aide humanitaire de l'UE au Mali a atteint 73 millions d'euros en 2012, et a été accrue de 20 millions en fin d'année. Une partie des programmes a toutefois été suspendue par Bruxelles à la suite du coup d'Etat du 22 mars 2012 à Bamako. Les ministres européens ont conditionné leur reprise à l'engagement des autorités de transition à faire des progrès dans le processus "visant à rétablir la démocratie et l'ordre constitutionnel", avec l'annonce de nouvelles élections.

Source : http://www.lemonde.fr/afrique/article/2013/01/22/les-ong-s-alarment-de-la-situation-humanitaire-au-mali_1818818_3212.html