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jeudi 28 février 2013

RENSEIGNEMENT – Des citoyens britanniques privés de passeports puis tués par des drones américains

Une enquête menée par le Bureau d'investigation journalistique pour The Independent pose la question de l'existence d'un lien entre une loi controversée du gouvernement britannique et les attaques meurtrières de drones américains.

Un drone américain MQ-1 Predator.

Depuis 2002 le ministre de l'intérieur britannique est en mesure de retirer le passeport de n'importe quel ressortissant du pays détenteur d'une double nationalité, sur la simple base d'un acte "sérieusement préjudiciable" accompli par celui-ci. 

Selon ses critiques, le programme est sujet à la controverse car il permettrait au gouvernement de "se laver les mains" du sort de citoyens britanniques suspectés de terrorisme. Peu utilisée auparavant, la loi est surtout appliquée depuis l'arrivée au pouvoir de l'actuel gouvernement de coalition, relate The Independent, qui précise que depuis 2010 16 individus ont été déchus de leur citoyenneté contre 21 depuis 2002.

Les personnes visées par la loi, poursuit le quotidien, se font confisquer leur passeport britannique et sont interdits de territoire, ce qui rend encore plus complexe toute tentative de faire appel auprès du ministre de l'intérieur (qui prend la décision) et pose la question de la légalité du programme. D'autant qu'il apparaît, toujours selon l'enquête, que le gouvernement procède aux retraits de passeports quand les individus sont en dehors du territoire, en vacances parfois. Sur les 21 personnes affectées par la loi depuis 2002, seulement deux ont gagné leur appel, dont une a été extradée aux Etats-Unis depuis.


Le New York Times montre à travers cette infographie l'augmentation des attaques de drones depuis l'arrivée au pouvoir de Barack Obama.

Sur les 16 personnes qui se sont vu retirer leur nationalité depuis 2010, deux sont mortes à la suite d'attaques de drones américains. The Independent site plusieurs cas dont celui de deux ressortissants devenus ensuite la cible de drones. L'un d'eux a été visé à deux reprises et finalement tué l'année dernière en Somalie, juste après avoir appelé sa femme au Royaume-Uni "pour la féliciter de la naissance de leur premier enfant". La famille de la victime estime que les forces américaines ont pu connaître la position précise du père de famille grâce à l'appel qu'il avait passé à sa femme un peu plus tôt. Pour l'avocat de la femme de la victime, il semble y avoir une relation entre le retrait de nationalité par le Royaume-Uni et la frappe du drone américain.

"Il semblerait que le procédé de privation de citoyenneté ait facilité la tâche des Etats-Unis qui ont désigné M. Sakr comme un combattant ennemi, envers lequel le Royaume-Uni n'a aucune responsabilité", a précisé l'avocat. Une porte-parole du ministère de l'intérieur britannique a déclaré aux enquêteurs qu'elle ne commenterait pas des questions de renseignement.

L'organisation Cage Prisonner, qui est en relation avec les familles des personnes touchées par la loi de 2002 met en garde contre une loi "extrêmement dangereuse" qui renforce le sentiment de non-appartenance nationale pour des citoyens nés au Royaume-Uni mais issus de la minorité.

Source : http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2013/02/28/renseignement-des-citoyens-britanniques-prives-de-passeports-puis-tues-par-des-drones-americains/

vendredi 15 février 2013

Mark Zuckerberg, le stratège philanthrope

zuckerberg1.jpgMark Zuckerberg est le deuxième homme le plus généreux d'Amérique. Selon le classement de The Chronicle of Philanthropy, publié mardi, seul Warren Buffet a donné plus d'argent en 2012 à de bonnes œuvres. Avec ses 500 millions de dollars de dons, le fondateur de Facebook arrive en seconde position. Loin devant John Arnold (423 millions) et Paul Allen, co-fondateur de Microsoft (309 millions).

Qui aurait cru, il y a seulement cinq ans, qu'un geek vingtenaire allait concurrencer les plus vieux grands noms de la philanthropie ? Après plusieurs coups d'éclat, Mark Zuckerberg s'est imposé comme une figure incontournable de la générosité, symbole d'une nouvelle génération de donateurs, bien décidée à bousculer le monde de la philanthropie. Ce qui n'a pas manqué de provoquer la polémique.


100M$, Oprah & standing ovation

Tout commence en 2010. Facebook compte 550 millions d'utilisateurs, Mark Zuckerberg a 26 ans, sa fortune est estimée à 6,9 milliards de dollars. Le 24 septembre, le jeune homme annonce dans l'émission ultra populaire d'Oprah Winfrey un don de 100 millions de dollars aux écoles publiques de Newark, une ville du New Jersey. Standing ovation. Oprah elle-même se lève pour applaudir la déclaration. Zuckerberg, qui n'avait jusqu'ici jamais manifesté, publiquement, le moindre intérêt pour les grandes causes, devient en quelques minutes le plus grand donateur de sa génération.

Peu réputé pour son aisance devant les caméras, il argumente sa décision : "Tous les enfants méritent une bonne éducation. J'ai eu de nombreuses opportunités dans ma vie, et une grande partie d'entre elles vient du fait que j'ai fréquenté de très bonnes écoles. Je veux faire mon possible pour que tout le monde ait accès à ces opportunités".

Coup de com parfait

Tout y est : la belle action, Oprah, les applaudissements, le discours bien huilé... et le timing. Surtout le timing. Cette annonce tombe :

  • 1 semaine avant la sortie du film The Social Network. Et quelques heures seulement avant la première du film au New York Film Festival. Ce long métrage dépeint Zuckerberg comme un ado socialement attardé, obsédé par la réussite de son entreprise, au point de trahir ses amis. Qu'il dépeigne ou non la vérité, peu importe. Mark Zuckerberg le sait déjà : ce film influencera durablement l'image que le public se fera de lui.
  • Le même jour que le classement Forbes des Américains les plus riches, qui le place en 35ème position
  • Au moment où les critiques se font de plus en plus dures à l'égard de Facebook, notamment concernant sa gestion des données privées. Si jusqu'ici, le réseau social était considéré comme un sympathique gadget, sa puissance commence à inquiéter. D'autant plus que Facebook joue avec le feu : les conditions d'utilisations changent au gré du vent, scandalisent parfois, au point d'être retirées sous la pression des internautes.
Les détracteurs de Mark Zuckerberg voient donc dans ce don une stratégie de communication visant uniquement à améliorer l'image du jeune homme et de son entreprise. Selon eux, Marc Zuckerberg n'aurait rien d'un philanthrope, mais tout d'un génial businessman se montrant prêt à tout, encore une fois, pour voir son entreprise réussir.

Des e-mails dévoilés

Et des documents, récemment rendus publics, viennent apporter de l'eau à leur moulin. Le mois dernier, la justice américaine a ordonné la publication des échanges d'e-mails ayant mené à ce don. Soit 96 pages de discussions entre plusieurs protagonistes, parmi lesquels Sheryl Sandberg, directrice générale de Facebook, le maire de Newark Cory Booker ou encore Bill Gates. Etrangement, un seul et unique mail est signé de Mark Zuckerberg. Ces échanges dévoilent les coulisses de ce don, bien plus réfléchi qu'il n'y paraît. On y découvre Sheryl Sandberg, DG de Facebook, en chef d'orchestre de l'opération. Il s'agissait pourtant d'un don personnel de Mark Zuckerberg, qui, officiellement, n'avait absolument rien à voir avec son entreprise...

La stratégie de communication ressort très clairement dans certains e-mails. On le voit notamment dans cet extrait, signé de la communicante Victoria Cassady, qui fait le bilan après l'annonce du don :

  • "La couverture médiatique se focalise désormais principalement sur l'épisode Oprah, avec une mise en lumière des déclarations de Mark sur le film et sur l'éducation. Ils décrivent aussi sa vie modeste et continuent à souligner le fait qu'il souhaitait, à l'origine, que ce don soit anonyme... En général, la couverture et le ton sont globalement positifs – ce qui prouve que bien que ce don puisse être perçu comme une tentative de redorer le blason de Mark à cause du film, cela n'a pas beaucoup d'importance" Victoria Cassady – 24 septembre 2010.
Un point de vue très bien résumé par la rédactrice en chef du Huffington Post, en 2010 : "Je me fiche éperdument de savoir pourquoi Mark Zuckerberg donne 100 millions de dollars issus de sa fortune personnelle pour faire la différence dans la vie des enfants de Newark. Ce qui m'importe bien plus, c'est que ce soit fait".

La moitié de sa fortune

Et Mark Zuckerberg va plus loin, pour prouver à ses détracteurs que sa générosité ne se limite pas à une opération de com ponctuelle. Quelques semaines plus tard, en décembre 2010, il devient le plus jeune signataire du Giving Pledge, une initiative lancée par Bill Gates et Warren Buffet à destination des milliardaires. Les signataires s'engagent à faire don de la moitié de leur fortune, de leur vivant ou au moment de leur mort. En signant cette promesse, Mark Zuckerberg s'inscrit dans une philanthropie de long terme et affaiblit les arguments de ses adversaires.

Puis... Plus rien. Plus rien pendant deux ans. Jusqu'au 19 décembre 2012, où il annonce sur sa page Facebook un don de 500 millions de dollars d'actions Facebook à la Silicon Valley Community Foundation, pour financer l'éducation et la santé. A lui seul, ce don représente plus d'argent que tous ceux reçus par la fondation l'année précédente. Et place immédiatement Zuckerberg en deuxième position des plus grands donateurs de l'année. Et en première position des donateurs de la Silicon Valley, devançant Paul Allen (Microsoft), Sergey Brin (Google) et Carl Icahn (Yahoo!).

Les nouveaux donateurs de la Silicon Valley

Une fois encore, le jeune entrepreneur fait la Une des journaux pour sa générosité, faisant oublier au passage les résultats en bourse désastreux qui ont marqué l'année 2012 de Facebook. Mark Zuckerberg s'impose aujourd'hui, dans l'esprit du grand public et de ses pairs, comme l'un des plus importants donateurs des Etats-Unis. Et comme le chef de file d'une nouvelle génération de donateurs.

Car avant lui, la philanthropie n'intéressait pas outre mesure la Silicon Valley. Le monde des "charities" regardait, les yeux gloutons, ces fortunes immenses se constituer en quelques mois, mais ne récoltait pas une grande part du gâteau. Malgré le modèle Bill Gates, peu de leaders d'entreprises tech se sont illustrés dans la philanthropie. Steve Jobs, par exemple, n'a jamais fait état du moindre don – en tout cas publiquement. En 2011, la liste des 20 plus grands donateurs américains comptait seulement deux personnalités issues des nouvelles technologies, Paul Allen et Pierre Omidyar (eBay). Mais la jeune garde pourrait changer la donne.

Pourquoi attendre ?

Jusqu'ici, les grands philanthropes étaient plutôt âgés. D'abord parce qu'il leur fallait un certain temps pour se créer une telle fortune. Ensuite parce qu'il était plutôt commun de profiter jeune de ses richesses, avant de "rendre à la société" cet argent. Mais les profils à la Mark Zuckerberg se multiplient. Dans la Silicon Valley, pas besoin d'avoir quarante ans pour accumuler des millions. Ni pour les donner. "Pourquoi attendre, alors qu'il y a tant de choses à faire ?", a déclaré Mark Zuckerberg au moment de signer le Giving Pledge. "Pour toute cette génération de jeunes qui se sont enrichis grâce au succès de leurs entreprises, cela représente une énorme opportunité de donner cette argent plus tôt dans nos vies, et de voir l'impact de ces efforts".

Et l'impact n'est pas un vain mot pour ces nouveaux donateurs. "Ils ne veulent plus seulement signer un chèque et dire 'On se revoit l'an prochain'", explique Daniel Lurie, président de la Tipping Point Community, une organisation de lutte contre la pauvreté. "Il veulent savoir où va leur argent et quel est leur impact. Ils veulent des résultats."

"Un héros pour les jeunes entrepreneurs"

Bien décidés à mettre un coup de pied à la fourmilière, ils réinventent la notion même de philanthropie. Donner de l'argent, c'est bien, mais cela ne suffit pas. Pourquoi ne pas utiliser leurs propres entreprises pour faire progresser le monde ? Mark Zuckerberg a par exemple créé un outil pour donner sur Facebook, un autre pour encourager le don d'organes et un système pour prévenir les suicides des adolescents.

Pour Warren Buffet, cité par Forbes, "dans vingt ans, Mark Zuckerberg sera un héros pour les jeunes entrepreneurs", aussi inspirant que Rockefeller a pu l'être "quand j'étais adolescent et que je lisais ses aventures". Les paris sont ouverts.

Source : http://techethique.blog.youphil.com/archive/2013/02/12/zuckerberg-le-stratege-philanthrope.html


A lire également :
> Les dix plus grands donateurs de la Silicon Valley
> Facebook teste un nouvel outil de don en ligne
> Facebook rajoute le don d'organes sur les profils
> Greenpeace s'allie avec Facebook

samedi 12 janvier 2013

Melinda Gates: le contrôle des naissances, un concept toujours aussi central

La contraception apporte aux femmes le pouvoir de décision –une bonne nouvelle pour les programmes de santé publique et de développement.


Melinda Gates, à Londres en juillet 2012, lors d'un sommet sur le planning familial. REUTERS/Suzanne Plunkett

J'ai consacré en 2012 l’essentiel de mon temps à militer en faveur d’un accès plus facile au planning familial partout dans le monde. Au départ, j’indiquais à quiconque voulait m’entendre que je voulais contribuer à remettre les contraceptifs au premier plan des programmes de développement et de santé publique dans le monde. Lors de mes visites auprès de femmes dans les pays en voie de développement, j’ai réalisé que cette formulation ne collait pas tout à fait au message que je voulais faire passer.

Les contraceptifs sont des outils, et le développement une construction abstraite. Ce qui manque, ce sont les êtres humains, les femmes qui partout dans le monde me répètent encore et toujours que l’accès à des méthodes de contrôle des naissances adaptées leur permettrait de changer leur avenir.

Aujourd’hui, je dis aux gens que je veux mettre les femmes au centre des efforts de développement et de santé publique dans le monde, et qu’une contraception de meilleure qualité représente pour elles une des principales priorités. En 2012, être à l’écoute des femmes ne devrait pas être une idée révolutionnaire, c’est pourtant toujours le cas.

Lorsque je rends visite au service de planning familial d’un centre de santé dans un pays africain, je constate qu’on y propose toujours des préservatifs gratuits et en grande quantité. Les préservatifs sont d’une importance vitale, car ils permettent également de prévenir la diffusion de maladies sexuellement transmissibles telles que le sida. Mais il y a un problème: l’écrasante majorité des femmes africaines ne peut recourir au préservatif comme dispositif de contrôle des naissances, car leurs maris refusent de les utiliser.

Aider les femmes

A l’instar des femmes américaines, qui préfèrent la pilule contraceptive qu’elles n’ont pas besoin de négocier avec leur partenaire, les femmes africaines préfèrent les injections contraceptives au préservatif. Or, du fait de problèmes de stockage, d’approvisionnement et de politiques périmées, ces injections sont souvent indisponibles. Pour prendre un exemple, à Kaduna, ville de 1,5 million d’habitants du Nigeria, aucun centre de santé n’a été en mesure de proposer ces injections pendant 226 jours de l’année dernière.

Si tout ce qui vous intéresse, c’est d’assurer la disponibilité des moyens de contraception, il suffit de faire des stocks de préservatifs. Si votre but est d’aider les femmes à choisir librement leur avenir et celui de leur famille, il faut mettre la barre plus haut.

Aux Etats-Unis, et tout particulièrement cette année, chacune des occasions où les thèmes de la contraception et de l’action publique se rencontrent semble constituer une excuse pour s’affronter sur d’autres questions –l’avortement, ou la signification de la liberté religieuse, par exemple. 

Combien d'enfants et quand

Mais le fait est que 99% des femmes aux Etats-Unis ayant eu des relations sexuelles ont eu recours à la contraception à un moment de leur vie. Ce que me suggère notre comportement (sinon notre rhétorique), c’est que nous considérons les contraceptifs comme une chose importante. Ils l’ont été pour moi. J’ai pu aller à l’université, puis dans une école de commerce. J’ai pu avoir une carrière enrichissante chez Microsoft. Puis, Bill et moi avons pu décider combien d’enfants nous aurions (trois) et quand (à trois ans d’intervalle pour chacun), ce qui nous a permis selon moi d’être de meilleurs parents.
C’est pour les mêmes raisons, essentiellement, que les contraceptifs comptent pour les femmes des pays en voie de développement. Comme tous les parents, elles veulent des enfants en bonne santé et qui vont à l’école.
Les contraceptifs ne sont pas en eux-mêmes le moyen d’atteindre ces objectifs, bien sûr. Ils font partie d’une longue chaîne de facteurs qui inclut également une alimentation saine, des vaccins, de l’eau potable, des fermes productives et des écoles publiques de qualité. Ils constituent cependant le premier maillon de cette chaîne, et apportent aux parents de bien meilleures chances d’aller jusqu’au bout de celle-ci. Comme me le disait une jeune mère kényane, «je veux donner toutes les bonnes choses à mon enfant avant d’en avoir un autre».

Une vie meilleure

Il existe des statistiques convaincantes sur l’impact à long terme des contraceptifs. La principale étude, menée au Bangladesh depuis 35 ans, montre que les gens qui bénéficient de l’accès aux contraceptifs et à une information sur le sujet ont une meilleure qualité de vie, sur tous les plans ou presque, que ceux qui ont en sont dépourvus. Ils sont en meilleure santé, courent moins de risques de mourir en couche, ou de voir leurs enfants mourir. Ils ont un niveau d’éducation supérieur, et des enfants scolarisés plus longtemps. Ils sont aussi plus prospères: leur foyer possède un patrimoine plus grand, réparti notamment en terre, en bétail, et en épargne.

Sur un plan plus large, encore, les économistes soutiennent non sans arguments que ce qu’on a appelé le miracle économique d’Asie de l’est dans les années 1980 était en grande partie imputable à la décision de faire moins d’enfants chez les parents de la région.

Les contraceptifs libèrent un atout aussi inexploité que potentiellement déterminant dans le combat pour le développement: le rôle des femmes dans la prise de décision. Quand les femmes ont la possibilité de faire des choix concernant leur famille, elles ont tendance à opter exactement pour ce que recommandent les démographes, les économistes et les experts en développement. Elles investissent dans le capital humain à long terme de leurs familles. Non qu’elles se soucient du PNB. Elles se préoccupent du futur  de leurs enfants. Il se trouve que les deux s’accordent parfaitement.

Aujourd’hui, je dis aux gens que je veux contribuer à mettre les femmes au centre des efforts pour le développement et la santé publique –et que les contraceptifs sont l’un des meilleurs moyens d’y arriver. Lorsque les femmes auront le pouvoir d’atteindre leurs objectifs, elles feront par elles-mêmes l’essentiel du travail vers le développement.

Source : http://www.slate.fr/tribune/66113/melinda-gates-controle-naissance-contraception-femmes

jeudi 10 janvier 2013

Les sous-traitants de la torture face aux ex-détenus d’Abou Ghraib

Les soldats américains ayant participé aux tortures de la prison d’Abou Ghraib ont déjà été condamnés. Mais une autre chaîne de responsabilité commence à émerger : celle des « contractors », les sociétés privées qui sous-traitent la guerre américaine en Irak.




Les avocats des anciens détenus d’Abou Ghraib et d’autres prisons irakiennes accusent ces compagnies d’avoir joué un rôle dans les violences physiques, psychologiques et sexuelles dont leurs clients ont été victimes.

En contact permanent avec les soldats pour différentes tâches, les employés des sociétés militaires privées auraient « fermé les yeux volontairement » et gardé le silence sur des crimes, selon les plaintes déposées.

L’un de ces « contractors », Engility Holdings Inc., basé en Virginie, vient de verser 5,28 millions de dollars à 71 ex-prisonniers irakiens dans le cadre d’un accord ; l’une de ses filiales, appelée L-3 Services Inc., était visée par une plainte depuis 2008. Ce prestataire de services a fourni des traducteurs à l’armée américaine en Irak, plus de 6 000 en 2006, pour un contrat de 450 millions de dollars par an.

Deux sociétés privées poursuivies 

C’est la première fois que des anciens détenus touchent une indemnisation de la part d’une compagnie militaire privée. Peut-être pas la dernière cependant : une deuxième entreprise, CACI, devrait être jugée cet été pour les mêmes faits. Elle a fourni des interrogateurs à l’armée américaine.

L’un des avocats des ex-détenus, Baher Azmy, s’est réjoui de cette première avancée :
« Les sociétés militaires privées ont joué un rôle important, mais sous-estimé, dans les pires tortures commises à Abu Ghraib.
Nous sommes satisfaits que cet accord mette l’un d’entre eux face à ses responsabilités et permette que justice soit faite pour les victimes. »
Pour autant, le jugement concerne ici l’entreprise dans son ensemble, et pas ses employés individuellement. Aucun d’entre eux n’a été poursuivi au pénal. Quant à Engility Holdings Inc., elle continue à recevoir des commandes de l’Etat américain.

Qui est responsable ? 

La spécificité anglo-saxonne des « contractors » prend une importance particulière dans ce genre de procès : en dehors des militaires, d’autres acteurs sont présents sur les théâtres de conflit.

Pour compliquer encore un peu la question, les tribunaux hésitent quant au statut à accorder à ces entreprises, qui travaillent main dans la main avec les soldats.
Le gouvernement américain, en tant qu’entité, est à l’abri des poursuites sur des faits commis en zone de combat. Les compagnies privées réclament la même immunité, même si leurs employés, individuellement, pourraient être poursuivis pour des faits précis.
L-3 Services Inc. a ainsi fait valoir qu’un procès irait contre la jurisprudence :
« Aucun tribunal américain n’a jamais autorisé des étrangers – détenus dans une zone de combat, d’opération militaire ou d’occupation – à demander des dommages et intérêts. »

Source : http://www.rue89.com/2013/01/09/les-sous-traitants-de-la-torture-face-aux-ex-detenus-dabou-ghraib-238431

mercredi 9 janvier 2013

Esther Duflo, le génie qui repense l’économie

Esther Duflo est considérée dans le monde comme l’économiste de la pauvreté; celle qui tente d’en comprendre les mécanismes de façon scientifique, afin de calculer et améliorer l’efficacité des politiques de développement. Ce point de vue et cette expertise pourraient faire prendre un virage à la politique américaine de développement, si l'influence de la "Frenchie" (qui a également obtenu la nationalité américaine) se confirmait auprès de l'administration Obama.

A quarante ans, l'économiste française va conseiller le président Barack Obama.
En quoi Esther Duflo est-elle si différente des autres économistes? La Française au parcours sans faute va conseiller Barack Obama sur les questions de développement. C’est déjà en soi une performance. Une fierté aussi, que la presse française affiche depuis sa nomination au "Conseil présidentiel pour le développement" de la Maison Blanche, annoncée le 3 janvier 2013 par la prestigieuse école dans laquelle elle est professeure: le Massachussests Institute of Technology (MIT).

De l'élite au terrain

Précoce, Esther Duflo obtient le titre de professeure au MIT à l’âge de 32 ans, en 2004, après un parcours dans la très élitiste Ecole normale supérieure et des passages dans d’autres universités comme celle de Princeton. La jeune femme à la coupe au carré aurait pu se contenter d’envisager sa discipline d’un point de vue macroéconomique, avec les grands principes et les politiques qui en découlent.

Mais selon elles, ces dernières excluent trop souvent les pauvres, dont on ne sait finalement pas grand chose. Elle vise en particulier le milliard de personnes vivant avec moins de 1 dollar par jour. C’est pourquoi elle a créé le Poverty Action Lab, un centre de recherche du MIT qui vise à évaluer l’efficacité de programmes sociaux dans le monde choisis au hasard. Ce qui lui a value le surnom de "randomista" (la théoricienne du hasard).

Celle qui est titulaire de la chaire "Savoirs contre la pauvreté" au Collège de France est donc attachée à la compréhension de la réalité du terrain: "On réfléchit souvent à ce problème [de la pauvreté dans le monde] de manière un peu caricaturale, explique-t-elle dans l’Emission de France 3 Ce soir (ou jamais) en janvier 2012. On remplace la réflexion sur la pauvreté par une succession de caricatures. (…) Chacune de ses images engendre une série d’idées sur la bonne politique pour lutter contre la pauvreté. Comme ces images sont partielles, ou fausses, les politiques qui en découlent sont elles-mêmes partielles et fausses."

> Regardez le passage de l’émission de France 3 dans laquelle Esther Duflo explique sa démarche et débat avec le prix Nobel d’économie Milton Friedman:



Dans cette optique, elle a écrit "Repenser la pauvreté" avec l’économiste indien Abhijit V. Banerjee en 2012. Un ouvrage salué dans le monde entier.

À lire aussi: La leçon d'Esther Duflo, la française qui conseille Obama
Et c’est pour cette démarche développée dans ces travaux que cette disciple de Jeffrey Sachs obtient plus d’une trentaine de prix et distinctions, dont la prestigieuse Médaille John Bates Clark qui consacre un économiste prometteur de moins de quarante ans.
Parmi les lauréats de ce prix Milton Friedman, James Tobin ou encore Joseph Stiglitz, qui ont tous reçu le prix Nobel d’Economie par la suite. C’est tout ce qu’on lui souhaite.

Source : http://www.youphil.com/fr/article/06102-esther-duflo-jeffrey-sachs-economie-barack-obama-mit?ypcli=ano

mercredi 17 octobre 2012

La détresse psychologique des travailleurs de l’humanitaire

Les travailleurs de l’humanitaire sont exposés à des conditions de travail difficiles sur des périodes parfois longues, où même leur vie peut être en danger. Une étude réalisée par le Center for Disease Control d’Atlanta montre que ces travailleurs humanitaires sont à risque de problèmes psychologiques importants en particulier de troubles anxieux et dépressifs, que ce soit sur le terrain ou lorsqu’ils sont rentrés chez eux. Les groupes humanitaires qui les emploient peuvent mettre en place des mesures pour limiter et prendre en charge ces troubles.


Les scientifiques du CDC ont suivi 212 travailleurs humanitaires opérant pour 19 organisations non gouvernementales (ONG) différentes, avant et après une mission. 60% étaient des femmes. L’âge moyen des volontaires était de 34 ans Leur niveau d’anxiété, l’existence de symptômes de dépression, de détresse psychologique, le sentiment d’accomplissement personnel ou l’usage d’alcool et/ou de stupéfiants ont été recherchés avant et après la mission. Les scientifiques ont également tenté d’identifier la survenue d’un burnout, un syndrome à part. Le burnout se définit par 3 composantes principales : un score élevé d’épuisement émotionnel et de dépersonnalisation, et une diminution des sentiments d’accomplissement personnel. A la différence de la dépression qui envahie toute la personnalité, le burnout est un syndrome  touchant les travailleurs. Il apparaît plus fréquemment chez ceux qui s’occupent d’autrui de manière intensive.

Les questions posées aux travailleurs humanitaires tentaient de cerner les conditions de vies locales (lieu de vie, électricité, eau), les conditions de sécurité, comme la présence d’éléments hostiles ou l’existence de checkpoints dangereux, ainsi que la quantité de travail et la reconnaissance formulée par l’ONG. L’identification  d’expériences traumatisantes incluait l’exposition à des évènements dangereux, la peur de blessures, le kidnapping, l’exposition à des attouchements sexuels, le meurtre d’un collègue ou la destruction d’un bâtiment de l’ONG.

Avant leur déploiement sur le terrain, 3,8% (12) d’entre eux rapportaient déjà des symptômes d’anxiété et 10,4% (22) des symptômes de dépression, une proportion en ligne avec la prévalence de ces troubles dans la population générale. A leur retour de mission, ces troubles touchaient beaucoup plus d’individus : 11,8% (20) rapportaient alors des symptômes d’anxiété et 19,5% (33) des symptômes dépressifs. Entre 3 et 6 mois après leur retour, ces troubles anxieux ne touchaient plus que 7,8% des travailleurs de l’humanitaire, mais le taux de symptômes dépressifs avait lui encore un peu progressé atteignant 20,1% des travailleurs humanitaires, soit 1 sur 5, des taux doubles par rapport à la population générale. Le retour à une vie normale  est parfois complexe : “Il est classique chez les individus qui rentrent chez eux après un déploiement sur le terrain d’être  débordés par le confort et les choix multiples offerts par notre société, tout en étant incapable de discuter de leurs sentiments avec leur famille ou leurs amis” explique le Dr Alastair Ager, co auteur de l’étude.

Cette étude indique que les travailleurs humanitaires présentent un risque accru de dépression et de burnout après leur mission et que ce risque ne diminue pas dans les 3 à 6 mois après le retour. Le risque d’anxiété est également augmenté immédiatement après le retour mais semble se réduire à la reprise d’une vie normale, moins stressante. Curieusement, l’évaluation de la satisfaction de leur vie se réduisait au retour de la mission : Le retour à une vie normale est parfois complexe explique le Dr Alastair Ager, co auteur de l’étude : ”Il est classique, chez les individus qui rentrent chez eux après un déploiement sur le terrain d’être  débordés par le confort et les choix multiples offerts par notre société, tout en étant incapable de discuter de leurs sentiments avec leur famille ou leurs amis”.

Les personnels humanitaires ayant un antécédent de trouble psychologique auront besoin de plus de soutien et de conseils de la part des ONG qui les emploient car ils sont plus à risque d’anxiété, de dépression et de burnout au retour de leur mission. L’exposition à un travail quotidien difficile créant un stress chronique augmentait le risque de dépression. Ceux qui ont vécu une expérience traumatisante avant la mission, ou qui ont été victimes de violence domestique sont également plus à risque de burnout. En revanche, ceux qui possèdent un réseau social développé ont moins tendance à souffrir au retour de troubles psychologiques. Toutefois, le mariage ne protège pas : ce sont les célibataires qui sont dans ce cas moins à risque, tout comme ceux dont la motivation pour ce travail était très élevée avant le départ en mission.

Le bien être des travailleurs humanitaires peut être camouflé par les besoins des populations qu’ils servent : «Il est difficile d’obtenir des ONG qu’elles s’occupent de la santé mentale de leurs employés» explique le Dr. Ager ; “la dépression, l’anxiété, le burnout sont trop souvent considérés comme des réponses inappropriées à une expérience d’injustice globale. Nous voulons qu’ils sachent que le travail qu’ils font a une valeur immense, qu’il est nécessaire et que les situations sont difficiles mais qu’en aucun cas, cela signifie qu’ils doivent en souffrir ». Les auteurs font donc plusieurs recommandations aux ONG : d’abord rechercher parmi les candidats ceux qui aurait des antécédents psychologiques, et alerter ces volontaires des risques encourus. Les ONG doivent apporter un soutien psychologique pendant et après le déploiement sur le terrain à leurs employés.

Les meilleures conditions de vie possibles doivent être favorisées et les ONG se doivent d’être supportives et savoir exprimer leur reconnaissance, encourager et faciliter les rapports sociaux.
Source : http://www.docbuzz.fr/2012/10/17/123-la-detresse-psychologique-des-travailleurs-de-lhumanitaire/

jeudi 11 octobre 2012

Bill Gates : "Taxer les transactions financières servirait l'aide au développement"

Depuis sa création en 1994, la Fondation Bill et Melinda Gates est devenue le principal acteur privé de l'aide au développement. Deuxième homme le plus riche de la planète, Bill Gates était de passage à Paris, mercredi 10 octobre. Il a répondu aux questions du Monde.


Bill Gates à Paris, le 10 octobre.

Quel est l'état actuel de l'aide au développement dans le monde ?

Bill Gates : L'aide au développement marche plutôt bien. Quelle que soit l'ampleur de la période considérée, l'aide au développement a joué un rôle central. Même les pays les plus pauvres sont dans une meilleure situation que par le passé. L'un des indicateurs les plus pertinents est la mortalité chez les enfants de moins de cinq ans. Il y a cinquante ans, elle dépassait les 20 millions de morts annuels. Il y a dix ans, elle atteignait 12 millions et elle est descendue récemment à 7 millions de décès par an. Compte tenu de l'augmentation de la population, cela représente une spectaculaire diminution de deux tiers de ce taux de mortalité.

A quoi attribuez-vous ces progrès ?

Les vaccins sont probablement responsables pour moitié de cette réduction, avec l'amélioration générale des conditions de vie et de l'alimentation. La variole et la rougeole provoquaient 3 millions des 20 millions de décès annuels. La variole a disparu depuis 1979 et la rougeole, elle aussi, a beaucoup chuté, elle provoque autour de 400 000 morts par an.
L'amélioration a été particulièrement bonne ces dix dernières années avec la réponse à la crise due au sida, qui a joué un rôle central. Nous avons encore énormément à faire dans ce domaine, mais nous avons créé le Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme, et l'Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination (GAVI).

L'aide au développement souffre-t-elle plutôt d'un manque de ressources ou de problèmes dans l'utilisation de l'argent ?

On pourrait poser la même question pour les gouvernements des pays riches... D'une manière générale, les gouvernements ne sont pas parfaitement efficaces et l'aide au développement non plus.

Il y a quelques triomphes, comme les deux nouveaux vaccins, l'un contre le pneumocoque, responsable de pneumonies, et l'autre contre le rotavirus, qui provoque des diarrhées. Grâce à des engagements importants et l'obtention de prix spéciaux, GAVI peut les acheter et, dans les années qui viennent, nous les mettrons à la disposition de tous les pays. Ces vaccins sauvent plus de 300 000 vies supplémentaires par an.

Une fois que l'on a des indicateurs, on peut vraiment mesurer l'efficacité de nos actions: en affaires, on appelle ça le profit; dans le monde de l'aide au développement, c'est le nombre de morts d'enfant évitées.

Quel rôle voyez-vous la Chine et d'autres pays émergents jouer ?

Le montant de l'aide que la Chine donne à l'Afrique est relativement modeste. Les Chinois ont fait des choses inhabituelles : au moment où Pékin et Taïwan se livraient une compétition pour devenir membres des Nations unies, la Chine a construit des stades de football dans des pays d'Afrique pour s'attacher leurs votes à l'ONU. Les Etats-Unis pendant la guerre froide, la France avec ses anciennes colonies ont aussi instrumentalisé l'aide au développement. Il faut préciser l'objectif visé quand on donne de l'argent. Si c'est pour réduire le nombre de morts, alors il faut en mesurer l'impact cinq ans plus tard. Si c'est juste pour qu'on vous aime...

En novembre 2011, vous avez présenté au G20 le rapport "Mettre à profit l'impact de l'innovation pour financer le développement du XXIe siècle". Quelles sont les meilleures pistes ?

Ce qui rend assez unique le travail de notre fondation est ce que j'appelle la recherche et développement d'amont : créer un vaccin contre le paludisme, la tuberculose ou le sida... Il y a des progrès mais pas de percée significative pour l'instant. Malgré les bouleversements dans l'économie, l'investissement dans la recherche et développement s'est maintenu.
Parallèlement, nous nous battons pour le maintien des ressources du Fonds mondial. Les traitements contre le sida devant être pris à vie, l'inclusion de nouveaux malades fait grimper les coûts. Il faut saluer les pays comme la France, les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou la Suède qui maintiennent, voire augmentent leur contribution au Fonds mondial ou leur aide au développement.

Que pensez-vous de l'initiative française de taxe sur les transactions financières ?

La plupart des systèmes fiscaux taxent le travail, car le travail ne se déplace pas aussi facilement que les profits. Certaines manières de prélever une taxe peuvent avoir des effets dissuasifs. J'ai toujours pensé qu'une taxe sur les transactions financières (TTF), à un taux raisonnable, permettrait de collecter des sommes significatives et servirait l'aide au développement. Ceux qui disaient que cela ne marcherait pas avaient tort.

La TTF que la France a mise en place depuis août est une manière parfaite de se servir d'une taxe. La France a montré le chemin et j'espère que d'autres pays s'y mettront, car plus le groupe de pays participants est grand et moins il sera possible d'esquiver la taxation. Je souhaite qu'une part suffisante soit allouée au maintien à son niveau de l'aide publique au développement de la France.

Où en est votre initiative Giving Pledge ("promesse de donation") ?

Pour l'instant, elle est limitée aux Etats-Unis où 92 milliardaires sont prêts à donner la majorité de leur fortune. Nous discutons d'une extension à d'autres régions du monde. En Chine, il n'existe qu'une première génération de riches. C'est très bien, car la première génération qui fait fortune a davantage tendance à la philanthropie que les générations qui en héritent. Le gouvernement chinois doit faciliter et encourager cela. En Inde également, il devrait y avoir des engagements. La famille Tata y a créé un fonds d'assistance aux pauvres dès 1908, avant Rockefeller et Carnegie. Il y aura encore plus de philanthropie et moins de gens pourront "pourrir" leurs enfants avec de l'argent.

Votre fondation veut favoriser l'accès à des toilettes dans les pays pauvres. Qu'est-ce qui vous a motivé ?

Les toilettes sont un bon exemple de biens dont les habitants des pays riches s'indigneraient d'être privés. Si vous êtes pauvres, vous êtes privé d'accès aux installations sanitaires, comme on le voyait dans le film Slumdog Millionaire. Dans les discours on se réfère généralement à la question de l'eau potable, mais sans accès à des sanitaires, les maladies diarrhéiques persisteront, aussi pure que soit l'eau qui arrive dans les tuyaux. Dans le modèle des pays développés, les eau usées sont retraitées à grand frais. On peut penser à d'autres approches.
Bill Gates et des chercheurs de l'université de Toronto, à la foire Réinventer les toilettes de Seattle, le 14 août.
Nous avons donc lancé un défi aux chercheurs de vingt universités : trouvez un moyen peu coûteux de se débarrasser de l'odeur et de ce facteur de transmission de maladies. Ils nous ont présenté des idées ingénieuses pour des toilettes collectives, ce qui est déjà mieux que rien, en trouvant des solutions pour supprimer les odeurs. Le véritable défi que nous devons relever est le problème de toilettes domestiques dans les foyers.

Un prototype de toilettes à énergie solaire conçu par les chercheurs de l'institut de technologie de Californie est présenté à la foire Réinventer les toilettes de Seattle.
Source : http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/10/11/taxer-les-transactions-financieres-servirait-l-aide-au-developpement_1773784_3244.html 

mardi 9 octobre 2012

Amnesty/Théâtre et débat "Petit séjour au Texas" au Lavoir Moderne Parisien Jeudi 11 à 21h


Ce jeudi 11 octobre 2012 au Lavoir Moderne Parisien : Amnesty International France, Commission Peine de Mort et groupe Paris Montmartre, organisent un débat après la représentation de la pièce de Michel PARENT "Petit séjour au Texas".

"Petit séjour au Texas" au Lavoir Moderne Parisien Jeudi 11 à 21h


  • Le Thème du débat :
    "Les avancées de l'abolition de la peine de mort ces dernières années et les défis de demain"

    Les Intervenants :
    - Anne DENIS, AIF, Responsable Commission Peine de Mort
    - Michel PARENT, Metteur en Scene (sous-reserve)

    PETIT SEJOUR AU TEXAS
    Jeudi 11 Octobre 21H - Entrée: 15€ tr 10€ ab 5€
    Mise en scène Michel PARENT avec Isabelle SALVETTI, KWAME, Thomas LEQUESNE, Dom DELAROCHE,Michel PARENT, Jan SCHUMACHER (Trompettiste)

mercredi 19 septembre 2012

Syrian War Looms Over UN Meeting of World Leaders

Hovering over this month's annual gathering of world leaders at the United Nations is the international community's failure to end the escalating war in Syria that is starting to spill over into a fragile and divided region.

Les dirigeants mondiaux qui se réunissent la semaine prochaine au siège de l'ONU à New York pour l'Assemblée générale verront un gratte-ciel rénové: l'édifice a bénéficié d'un lifting à deux milliards de dollars pour son soixantième anniversaire.
(c) Afp The Syrian conflict has bitterly divided the most powerful members of the Security Council, paralyzing the only U.N. body that can impose global sanctions and authorize military action.

It frustrated former U.N. secretary-general Kofi Annan, who quit his high-profile role as special envoy to the country last month, giving reasons that amounted to scathing criticism of world powers for failing to unite to stop the chaos in the Arab state.

There will be a flurry of meetings on the sidelines of the VIP gathering at the General Assembly that begins Sept. 25, including a ministerial meeting of the Security Council's five veto-wielding members and lots of behind-the-scenes discussions among the more than 130 heads of state and government coming to New York. But frustrated diplomats don't expect any breakthrough on Syria, and outside observers agree.

This "means we're heading into a very dark time in Syria — more violence and a slow grinding conflict that's going to test everyone's limits on non-intervention," Andrew Tabler, a senior fellow and Syria expert at the Washington Institute for Near East Policy, told The Associated Press in an interview Monday.

"I think it's the elephant in the room in the sense that it's a lightning rod issue," Tabler said. "It's a crisis the U.N. is unable to deal with. And so, basically what happens is that you're going to have a lot of speeches ... but unless you get the Security Council agreeing I don't see anything happening."

Since the Syrian conflict began in March 2011, the division among the five powerful permanent council nations has deepened.

The United States, Britain and France have tried unsuccessfully to get the council to put pressure on President Bashar Assad's government to halt the fighting and pull back its heavy weapons.
Russia, Syria's key protector, and China, which is supporting Moscow, are demanding equal pressure on the opposition and say the West's real goal is regime change, which could lead to a takeover of Syria by Islamist radicals. Russia is the major arms supplier to Syria and has a base in Tartus. It is Russia's only naval base outside the former Soviet Union that serves Russian navy ships on missions to the Mediterranean.

Russia and China have vetoed three Western-backed resolutions, the latest in July which included the threat of non-military sanctions.

France's U.N. Ambassador Gerard Araud said Monday that the Security Council "has never been as paralyzed as it is today since the end of the Cold War."

France is now working with the U.S., Britain, Turkey, Arab friends and the Syrian opposition in its fight against the Assad regime, he said.

"It is essential that we support the democratic opposition in Syria," Araud said. "Some believe it is possible to choose between Assad and the Islamists. We tell them, 'If you keep blocking, you'll get Assad and then the Islamists.'"

U.S. Ambassador Susan Rice said the council's failure to support efforts by U.N. Secretary-General Ban Ki-moon and Annan to end the violence is "reprehensible and has only intensified the suffering of the Syrian people. "

"I am not optimistic in the short term that the dynamic in the council is going to change," she said. "However, the United States is not allowing that to block our efforts to speed the day when Assad departs, through sanctions and political and nonlethal support for the opposition."

President Barack Obama has called for Assad to step down, but the United States wants to ensure that whatever government replaces his regime is a democracy that respects the rights of all Syrians, particularly religious minorities and women.

Annan has been replaced with former Algerian foreign minister Lakhdar Brahimi, a highly regarded diplomat and mediator who met Assad in Damascus on Saturday, but gave no indication of a breakthrough.

Many countries are hopeful that Brahimi can get the government and opposition to peace talks, but he has called his mission "nearly impossible."

He has said he is still holding talks with key players and does not have a plan yet.
"I will go to New York for the occasion of the General Assembly, to meet the Security Council and foreign ministers and representatives of countries that have interest, influence or both concerning Syria," Brahimi said.

The Security Council has given its support to Brahimi, but its division is so deep now that members couldn't even agree on a statement last month on the humanitarian crisis. The conflict has left some 3 million Syrians inside and outside the country in need of food and other assistance.

Michael Weiss, research director at the London-based Henry Jackson Society think tank, said no breakthrough is likely at the General Assembly because Russian President Vladimir Putin has done nothing "to repudiate Assad." Also, he added, Obama is reluctant to intervene in the Middle East as he fights for reelection on a record of ending the U.S. military role in Iraq and setting a 2014 deadline to withdraw from Afghanistan.

"All you are going to see for the next six months or longer is this continuing state of civil war," Weiss said. "The rebels may assassinate members of the Assad regime, but until they have parity of weaponry and forces, Damascus will not fall."

The West has hesitated to arm the rebels for fear that costly and lethal equipment could fall into the hands of extremists like al-Qaida, or get lost. The rebels have received weapons delivered via Turkey, Iraq and elsewhere, according to activists and diplomats. Some of the arms, activists say, are purchased with Saudi and Qatari funds.

At the opening of the 67th session of the General Assembly on Tuesday, Ban said "the deteriorating situation in Syria will ... be foremost in our minds" when world leaders gather next week.

The Syrian conflict, which began as a protest against four decades of dictatorship by the Assad family, was spawned by the Arab Spring, the pro-democracy wave of uprisings across the Middle East that began when Tunisians rose up in January 2011 against their longtime dictator.

The changes in the Arab world since then are the theme of a ministerial-level meeting of the Security Council on Sept. 26 on the sidelines of the General Assembly speeches.

Germany U.N. Ambassador Peter Wittig, the current Security Council president whose foreign minister will be presiding at that meeting, said "there will be council members who will speak out on Syria." But he said the focus of the meeting will be the emergence of the Arab League as a key player in the Middle East with "a lot more clout."

Supporters of a democratic government in Syria — the "Friends of Syria" — are also scheduled to meet on Sept. 28 at a session chaired by Secretary of State Hillary Rodham Clinton. Their last meeting in Paris in July brought together some 100 nations including the U.S., its European and Arab partners, as well as the fractious Syrian opposition, all looking to turn up the heat to force Assad from power.

Britain's U.N. Ambassador Mark Lyall Grant said "Syria will be at or near the top of the agenda at most of the key bilateral meetings."

There will also be a meeting of foreign ministers and development ministers "to galvanize support for refugees and those displaced within Syria," he said.

Earlier this month, the United Nations nearly doubled its humanitarian appeal for Syria to $347 million, even though the original appeal for $180 million is only half-funded. The secretary-general has urged donors to increase their contributions.

Another issue certain to make headlines during the General Assembly is the dispute over Iran's nuclear intentions.

Iran's President Mahmoud Ahmadinejad, who insists his country's nuclear program is peaceful, will address the assembly on Sept. 26. Israel's Prime Minister Benjamin Netanyahu, who has accused Iran of trying to build a nuclear arsenal, takes the podium on Sept. 27.

And on that day political directors from the six countries trying to get Iran to suspend its nuclear enrichment program — the U.S., Russia, China, Britain, France and Germany — will meet behind closed doors, possibly followed by a ministerial session.